Rire d’une bêtise

Il y a quelques jours, Miss Impatiente et Monsieur Bleuet ont passé une bonne soirée. Cette soirée impliquait :

– un anniversaire de mariage,

– un petit restaurant intime,

– un repas très chouette avec un accord mets et vin,

– une serveuse classe aux petits soins, genre qui explique les plats, qui vient voir si tout va bien mais sans être trop pénible non plus. Très bien jusqu’au café. Après, au moment de partir, ça s’est gâté :

Serveuse : « Alors, vous fêtez votre anniversaire de mariage, c’est super ! 1 an ? »

Miss Impatiente : « Non, 3 ans. »

Serveuse : « 3 ans ? Et le bébé alors, c’est pour quand ? »

Ce n’est pas tant la question qui a perturbé Miss Impatiente. C’est sa propre réaction. Elle a regardé la serveuse, puis Monsieur Bleuet, puis de nouveau la serveuse, puis Monsieur Bleuet, sans savoir quoi répondre. Après plus de 2 ans et un nombre incalculable de fois où on lui a posé la même question, elle a toujours l’air aussi con. Comme si c’était la première fois.

Au début, quand ils venaient à peine de commencer les « essais bébé » (Miss Impatiente n’aime pas cette expression, elle trouve que ça fait expérience scientifique, genre essai thérapeutique) (d’où les guillemets), quand on lui posait cette fameuse question, elle éludait en se disant « Si elle (ou il) savait que dans quelques mois, sûrement, … ». Ouais, à l’époque elle était un peu naïve sur le plan fécondité.

Après, ça a commencé sérieusement à la gêner. Surtout quand ça venait de personnes qu’elle connaissait à peine. C’est d’ailleurs comme ça qu’elle s’est retrouvée à parler de leur infertilité à certains proches. Avec les non-proches (et donc d’autant plus indiscrets), elle éludait toujours, mais avec un blanc. Force est de constater que ce blanc est toujours là. L’autre soir, avec la serveuse, son cerveau n’arrivait pas à se connecter, ne savait pas quoi répondre.

Elle a fini par bafouiller : « Euh, pas pour tout de suite… », ce à quoi l’autre a répondu : « Vous avez bien raison de profiter. » Carton plein niveau connerie quoi. Mais rien de bien inhabituel en somme.

La suite est plus intéressante. C’est Monsieur Bleuet qui lui a dit (à elle, pas à la serveuse) : « Bon, ben le service était bien, jusqu’à maintenant. Dommage. » Et ils ont rigolé ensemble.

Il y a encore quelques semaines, Monsieur Bleuet n’aurait même pas relevé. Les remarques et les questions des autres, il s’en fiche. Miss Impatiente se serait énervée toute seule et se serait lamentée. Lui aurait répondu : « Mais c’est pas grave, qu’est-ce que ça peut faire ? » ou « Les gens ne font pas exprès » ou « De toute façon, ce que les autres disent ou fassent, ça ne change rien à notre situation ». Oui, cet homme est sage et pragmatique. Mais là, Miss Impatiente s’est rendue compte que lui aussi, ça l’exaspérait. Mais qu’ils arrivaient quand même à en rire. Dans son envolée d’optimisme actuel, elle a décidé de se réjouir de cette anecdote, et de ce rire partagé.

Plus tard, alors qu’ils en reparlaient ensemble, Monsieur Bleuet lui a confié un autre épisode dont il ne lui avait jamais parlé. Un jour, un de ses collègues -qu’il ne connaît pas bien du tout- lui a demandé s’il avait des enfants. Quand il a répondu non, l’autre a demandé pourquoi (non mais sérieux ?). Et là, l’homme formidable qui sert de mari à Miss Impatiente a répondu du tac au tac : « Parce qu’avec ma femme on n’y arrive pas. » « Et ben il s’est trouvé bien con, je te jure ! », a-t-il conclu en souriant. Monsieur Bleuet avait l’air bien content de lui. Miss Impatiente s’est sentie admirative et connectée avec son mari.

Alors…Vive Monsieur Bleuet.

Publicités

Communication

Depuis le début de sa relation avec l’infertilité, Miss Impatiente a plus ou moins communiqué sur le sujet avec son entourage proche. Et elle a très souvent été déçue.

Il y a eu plusieurs moments clés. Bizarrement, le nombre de personnes mis au courant de l’avancement de la situation a diminué au fur et à mesure de ces moments.

1)      Quand elle a commencé à s’inquiéter (soit au bout d’1 an / 1 an et demi d’essais infructueux) :

Elle passe sur les « t’y penses trop », « c’est dans ta tête » & Co. Elle a déjà écrit là-dessus.

  • Mamie n°1 : « Mais il ne faut pas t’inquiéter, ça viendra ! »

Note : Mamie n°1 s’est mariée, et 9 mois plus tard arrivait la maman de Miss Impatiente.

  • Mamie n°2 : « Aussi, à mon époque, on ne prenait pas la pilule, et on faisait des enfants quand on voulait. »

Note : Mamie n°2 s’est mariée, et 9 mois plus tard arrivait le papa de Miss Impatiente.

Miss Impatiente adore ses deux mamies, mais bon.

  • « En attendant tu profites de la vie. »

Note : Ayons toutes une pensée émue pour toutes les femmes qui ont des enfants et qui donc ne profitent plus de la vie. So sad.

  • Variante 1 : « En attendant, tu voyages, c’est cool ! »

Note : Il doit être interdit de voyager avec des enfants. Miss Impatiente ne le savait pas.

  • Variante 2 : « En attendant tu profites de ton couple. »

Note : En 2014 Miss Impatiente et Monsieur Bleuet fêteront leurs 10 ans ensemble. Miss Impatiente estime qu’elle a bien profité de son couple, merci. Et d’ailleurs elle veut continuer d’en profiter, mais avec des enfants.

2)      Pendant les examens, quand elle et Monsieur Bleuet ont compris que quelque chose n’allait pas, et qu’ils ont commencé à parler PMA :

  •  « Tu sais, je connais quelqu’un, la belle-sœur de la cousine de la voisine, qui est tombée enceinte naturellement (ci-après, barrer la mention inutile) juste avant de commencer les traitements / après 6 IAC et 4 FIV / alors qu’ils avaient laissé tomber / alors qu’ils avaient commencé la procédure d’adoption. Comme quoi, quelque chose s’est débloqué dans sa tête. »

Note : No comment.

3)      Quand on leur a annoncé la FIV :

  •  « Ah donc tu vas faire une FIV, c’est bon alors, plus de raison de s’inquiéter ! Ah bon, ça ne fonctionne pas toujours ? »

Note : Miss Impatiente aurait dit qu’elle devait prendre un Doliprane (ou une potion magique) pour tomber enceinte, c’était pareil quoi.

  • Variante : « Une FIV, super ! Ah bon, il y a des piqûres ? Mais c’est quoi une FIV en fait ? »

Note : Proposer au Ministre de l’Education Nationale de rajouter un chapitre Infertilité au programme de SVT.

  • « Comment ça tu es un peu perturbée par le fait que tu doives passer par une FIV ? Mais qu’est-ce que ça peut faire ? Le principal c’est le résultat ! »

Note : Savoir qu’on ne peut pas concevoir naturellement ? Ça ne fait RIEN.

Savoir qu’on rentre dans un processus tellement cadré pour faire un gosse qu’il y a 1 mois de réflexion, comme pour un crédit ? Ça ne fait RIEN.

Savoir qu’on va avoir tout un tas de piqûres, une anesthésie ? Ça ne fait RIEN.

Savoir que ça ne marchera peut-être pas du premier coup, voire jamais ? Ça ne fait RIEN.

Ça ne fait certainement RIEN aux personnes qui lui ont dit ça (et qui ont eu leurs enfants sans problème au passage),  mais à Miss Impatiente ça lui fait QUELQUE CHOSE. Donc si les gens le permettent, Miss Impatiente voudrait bien être libre de ressentir ce qu’elle veut.

Alors, ce qui est fait est fait, mais Miss Impatiente aimerait bien parfois revenir en arrière et n’avoir parlé à personne de leurs problèmes pour faire un enfant. Même si elle n’a pas toujours eu le choix, vu les questions insistantes et les remarques à répétitions de certains.

Mais… Heureusement, il y a aussi des personnes qui ont eu des réactions qui lui ont mis du baume au cœur.

Parmi elles :

  • Sa maman, qui n’a jamais versé dans les phrases toutes faites.
  • L’une de ses amies, qui quand elle lui a dit qu’ils avaient des soucis, lui a pris la main et a répondu : « Ça doit être difficile, j’espère vraiment que ça marchera bientôt. »
  • Le meilleur ami de Monsieur Bleuet, qui a dit : « Si vous avez besoin d’en parler, je suis là. »
  • Sa meilleure amie, qui lui a dit à l’annonce de la FIV : « Il faut te concentrer sur le fait que quand ça marchera, tu seras une super maman, j’en suis sûre. »
  • Son autre meilleure amie (oui, ça fait un peu teenager d’avoir « 2 meilleures amies », mais c’est comme ça), qui lui a dit, toujours à l’annonce de la FIV : « Tu prends juste un autre chemin, c’est sûr ce n’est pas le plus facile, mais ce n’est qu’un autre chemin. »
  • Sa tatie, qui étant passé par la case PMA et ayant mis 6 ans à avoir son fils, a su trouvé les mots justes.

Alors finalement et malgré tout, Miss Impatiente ne regrette pas d’en avoir parlé à ses proches (la prochaine fois, elle mettra juste à jour la notion de « proches »).

Arrondi(e) à l’année

« Tu attends un enfant ? Tu as vraiment l’air des femmes quand elles attendent un enfant ! (en désignant les joues) (traduction : tu es bouffie) »

« Tu as grossi non ? (en désignant les hanches) (traduction : pas besoin, c’est assez clair) »

Voilà les 2 sympathiques réflexions auxquelles a eu droit Miss Impatiente il y a quelques jours. Prends-toi ça dans la face, et bon anniversaire. Oui parce que ce jour-là, c’était son anniversaire.

Donc :

1) Miss Impatiente a dû admettre que oui, elle avait pris du poids. C’est vrai que c’est tellement agréable de dire « Oui, en effet, j’ai grossi (et je t’emmerde). »

2) Elle a dû répondre « Non, je ne suis pas enceinte (mais c’est pas faute d’essayer) (merci de me faire remarquer que j’ai l’air d’une femme enceinte mais sans le principal : être enceinte) (connasse). » Parce qu’à J12 (du 26ème cycle, précisons-le), non, Miss Impatiente n’a pas de Polichinelle dans le tiroir (à moins d’avoir ovulé à J-7 ?), et a donc encore moins des symptômes de grossesse (dont la bonne mine « arrondie ») . Elle a juste mangé trop de chocolat, ou de pizza, ou de saucisson, ou les 3. Et elle arbore, c’est vrai, des rondeurs grâce auxquelles elle aurait fait fureur au temps des peintres de la Renaissance. Mais pas au XXIème siècle apparemment.

3) Elle a donc pris -en plus de quelques kilos, on l’aura compris- 1 an. 3ème anniversaire qui passe depuis le bazardage de plaquette. Et toujours pas de bébé.

Bien bien bien.

En ce moment, Miss Impatiente n’est pas très présente. D’une part parce qu’elle a été pas mal occupée ces derniers temps. Entre autres par des vacances en famille et un baptême. Encore une bonne occasion de se lamenter sur son sort d’infertile sans enfants. Mais c’était bien quand même.

Et d’autre part (surtout) parce que depuis l’annonce de la FIV, elle a eu besoin de prendre un peu de recul, de réfléchir. Elle a eu du mal à s’exprimer, que ce soit pour écrire ici où bien pour commenter chez les autres (et aussi pour communiquer avec Monsieur Bleuet d’ailleurs). Ça ne sortait pas.

Et puis aussi parce que cette période est une période de stand-by. Miss Impatiente n’attend plus rien des cycles restants avant la FIV (il en reste quand même au moins 4 en comptant celui-ci, c’est long). Elle attend juste la FIV. Alors elle essaye de se changer les idées (mais ça marche pas trop). Quoiqu’il en soit, elle a quand même des choses à écrire avant la suite des événements, et ça tombe bien car écrire ici ça lui fait un bien fou.

Alors, Miss Impatiente va commencer un régime salade/fromage blanc/tisane drainante, et elle revient prochainement.

Psycho

Ça la travaille depuis un petit moment. Miss Impatiente a envie d’écrire un article sur l’impact de la tête sur l’infertilité, du moins sur ce qu’on entend (beaucoup trop) à ce sujet. A tête reposée justement, pour essayer d’exprimer calmement ce qu’elle ressent.

A force d’entendre :

blabla… ne pas trop y penser… blabla… c’est dans la tête… bla bla… blocage psychologique… bla bla… trop de stress… bla bla… te détendre… bla bla… ne pas te poser trop de questions… bla bla… pouvoir de l’inconscient… bla bla… trop de pression…

… ben on se pose des questions. Et la question qui arrive en premier est celle-ci : Est-ce que c’est ma faute ?

Ce discours est essentiellement véhiculé par les personnes lambdas bien pensantes (ou non) qui veulent donner des bons conseils (alors qu’au passage, on ne leur a rien demandé), comme la super-relou pour ne citer qu’un exemple.

Attention : avant d’aller plus loin, Miss Impatiente précise qu’elle ne nie pas l’importance du mental dans la vie en général et sur la santé en particulier. Elle peut concevoir que le stress, les expériences bonnes ou mauvaises, les traumatismes, puissent avoir un impact sur la fertilité (avec réserve quand même). Ce qu’elle ne conçoit pas, c’est qu’on brandisse cette explication aussi vite que l’éclair et qu’on l’envoie à la figure des intéressés sans creuser plus loin.

Revenons à nos moutons.

1) Ne pas trop y penser/le blocage psychologique

« Moi, je n’y ai pas pensé du tout, et au bout de 3 mois ça a marché ». Premier point : Miss Impatiente crie au mensonge. Est-il possible de décider de faire un enfant et ensuite de ne pas y penser du tout ? (elle ne tient pas compte ici des grossesses « accidentelles », vu qu’elles ne sont pas décidées).  Deuxième point : Peut-on comparer ne pas y penser pendant 3 mois avec ne pas y penser pendant 2 ans ? Il semble normal à Miss impatiente de s’inquiéter davantage, et donc d’y penser davantage, au bout de 2 ans d’essais infructueux (et le lot de déceptions qui va avec) qu’au bout de 3 mois. Mais peut-être qu’elle n’a rien compris. Et encore, elle ne parle même pas des parcours médicalisés. Pour ça, il faudra lui expliquer comment ne pas y penser entre les RDV PMA, les examens, les piqûres, les échographies, les inséminations, les ponctions, l’attente des résultats, etc.

« Tu te mets trop la pression » ou « Tu le veux trop, tu te bloques. » Quand on lui sort ce genre de phrases, Miss Impatiente se dit qu’il y a des gens qui auraient mieux fait de se bloquer un peu plus avant de faire des enfants. Oui c’est méchant.

2) Le pouvoir de l’inconscient

Alors là Miss Impatiente a lu/entendu des choses intéressantes (les phrases suivantes ne s’adressaient pas forcément à elle, mais à une personne infertile en général) (oui, Miss Impatiente a acheté et lu des bouquins de psy sur le sujet).

« Inconsciemment tu ne veux pas d’enfants, ou bien tu n’es pas prête ». Tout s’explique.

« Tu as peur de faire encore pire que tes parents » ou « Tu n’arrives pas à faire d’enfants car tu es en conflit avec ton père/ta mère/ton frère/ta sœur/ton voisin« . OK. Une bonne partie des gens n’arriverait donc pas à se reproduire.

« Tu as peur de ne pas faire aussi bien que tes parents ». L’autre partie des gens n’arriverait pas à se reproduire.

« Tu n’arrives pas à faire d’enfants car symboliquement la place de l’enfant est déjà prise ». Miss Impatiente a beau adorer son chat, elle ne le considère pas comme son enfant. Son mari non plus.

Miss Impatiente a du mal avec tout ça, mais bon après tout elle n’a pas fait psycho.

3) Le stress

« Tu n’arrives pas à tomber enceinte car tu es trop stressée. » Vu le nombre de sources de stress dans la vie, elle se dit que si tous les gens stressés n’arrivaient pas à concevoir, il y aurait du souci à se faire pour l’avenir de l’humanité.

« Il faut te détendre ». Commence donc par arrêter de me culpabiliser, ce n’est pas bon pour mon niveau de stress.

4) Se poser des questions

« Tu te poses trop de questions / tu réfléchis trop. » Alors là Miss Impatiente s’excuse. Elle a tendance à réfléchir et à se questionner dans la vie, c’est vrai c’est nul. Il vaudrait mieux faire les choses et prendre des décisions importantes sans aucune réflexion, on s’économiserait bien des problèmes.

Cet article est un peu caricatural. Bien sûr, essayer de moins y penser (en ayant d’autres projets, en se concentrant sur d’autres choses) et se détendre, ça ne peut pas faire de mal, au contraire. Mais ce n’est pas non plus LA solution. Si Miss Impatiente était tombée enceinte à chaque fois qu’elle était partie en vacances ou qu’elle avait fait une séance de yoga, elle serait à la tête d’une famille nombreuse.

Et surtout, en quoi cela aide-t-il une infertile de lui dire des choses comme ça (ou un couple infertile, mais bizarrement c’est surtout à la femme qu’on s’adresse)  ? Même s’il y a une part de vrai dans tout ça, cela va-t-il l’aider à moins y penser, à se « débloquer », à arrêter de se demander si un jour elle pourra fonder une famille ? Dans le cadre d’une psychothérapie ou d’une analyse, peut-être. De la part de personnes qui n’y connaissent rien ? Non (là du moins, Miss Impatiente parle pour elle). Toutes ces choses sont avant tout culpabilisantes. Miss Impatiente entend ceci : « Tu n’y arrives pas, c’est de ta faute. Machine, elle, ne s’est pas tant stressée / n’y a pas autant pensé / ne s’est pas posé autant de questions / n’a pas de problèmes relationnels avec sa famille (rayer les mentions inutiles) et elle est enceinte, elle. »

Et dans tout ça, que fait-on des causes physiologiques, génétiques, environnementales de l’infertilité ?

Alors, Miss Impatiente décidera peut-être un jour d’aller parler de ça avec un professionnel (pas en espérant tomber enceinte, mais plutôt en espérant arriver à mieux gérer l’infertilité), mais en attendant elle va se concentrer sur ce que peut lui apporter la médecine et la PMA. Justement, le prochain RDV PMA, c’est demain.

Hors contexte

En ce week-end pascal (oui c’est fini depuis 3 jours…), Miss Impatiente a eu droit à des petits moments sympas, dans la catégorie « Infertilité ».

Moment sympa n°1

Contexte : une conversation qui n’a rien à voir avec le sujet, avec une personne qui n’est pas au courant des problèmes de reproduction du couple Impatiente-Bleuet.

La personne : « […] dans l’hôpital où je travaille […], […] mes collègues […],  […] le service AMP […] »

Miss Impatiente (qui n’avait pas vu ça venir et doit faire une drôle de tête) : « ??? »

La personne : « Oui, tu sais, AMP c’est pour Assistance Médicale à la Procréation. »

Miss Impatiente : « Ah… oui, oui. »

La personne : « Donc je disais […] »

Il s’avère que cette personne travaille dans un centre AMP. Rien de bien méchant, elle ne pouvait pas savoir (après tout, la majorité des gens -et tant mieux pour eux- ignorent la signification d’AMP), ce n’était pas intentionnel… Mais Miss Impatiente a pensé tristement « Oui, je sais ce que veut dire AMP, merci ». Et l’a gardé pour elle.

Moment sympa n°2

Contexte : un grand repas de famille, le genre où on ne connaît pas tout le monde. Miss Impatiente, polie, se présente.

La  personne relou : « Ah, alors c’est toi, VraiPrénomDeMissImpatiente ! Tu sais, pour le bébé, ça finira par arriver ! »

Miss Impatiente (estomaquée) : « … »

La relou : « Oui, quand tu n’y penseras plus, POF ! »

Miss Impatiente : « Et POF dans ta tête, sinon, tu en penses quoi ? Ah, euh, oui, c’est ça, euh, on espère. Euh, à plus tard ! »

Miss Impatiente est alors retournée s’empiffrer de tartare de saumon (puisqu’elle le peut), et a soigneusement évité la relou tout le reste de l’après-midi.

Alors :

1) Bonjour l’intimité. Rappelons que cette personne était jusque là une parfaite inconnue. Miss Impatiente se demandait parfois s’ils avaient bien fait d’en parler aux proches, elle a sa réponse. Au début, c’était  justement pour éviter les questions et les réflexions chiantes. Ironie. Apparemment toute la famille (toute la ville ?) est au courant.

2) Il y a vraiment des gens qui se permettent tout.

3) Le raisonnement suivant : « Je ne connais rien à vos problèmes, ni même à l’infertilité en général mais je me permets de donner mon avis et c’est forcément la faute à un blocage psychologique », Miss Impatiente y a déjà eu droit. Elle n’écrira pas ici ce qu’elle en pense, car elle ne veut pas être vulgaire, et elle ne trouve pas de manière jolie et polie de l’exprimer. Mais tu l’as deviné, elle n’en pense pas du bien.

4) Cette gentille dame n’aurait jamais osé aller dire un truc pareil à Monsieur Bleuet. No comment.

Moment sympa n°3

Contexte : plus tard dans l’après-midi.

Ce n’était pas fini. Miss Impatiente n’a pu faire autrement, le moment venu, que de dire au revoir. En y réfléchissant, décidément, elle ferait mieux d’être mal élevée.

La relou super-relou : « Ah, voilà la future maman (Ah bon ? Mince, j’ai raté un épisode) ! Tu sais, il ne faut pas focaliser hein. »

Miss Impatiente : « Non, surtout pas ! »

La super-relou : « Moi je crois que si, tu focalises. »

Miss Impatiente : « Euh non non non. Ah tiens, c’est M. là-bas, j’y vais, au revoir. »

Et elle a planté la super-relou au milieu du salon.

Alors, la prochaine fois, pour Pâques, Miss Impatiente restera chez elle pour bouffer son chocolat tranquille.