Futur papa

Aujourd’hui, un article dédié à la personne qui partage la vie de Miss Impatiente depuis bientôt 10 ans.

Son amour d’étudiante, puis son mari, qui devient maintenant le père de son enfant.

Dès le début de cette aventure, Monsieur Bleuet s’est impliqué à fond. Et pas seulement parce qu’il a pressenti que c’était ce que souhaitait sa femme, mais parce qu’il le voulait. Il est allé très vite faire ses examens, est venu à toutes les consultations PMA, a été un roc quand Miss Impatiente s’est effondrée et s’est laissée envahir par la culpabilité à l’annonce de la FIV, a consulté avec elle Dr Ecoute. Puis pendant la FIV, il était là pour les premières piqûres, les monitorages, la ponction et le transfert. Toujours là pour soutenir sa femme pleine d’hormones et un brin stressée. Il l’a même accompagnée à la prise de sang de βHCG. Depuis la grossesse, c’est pareil : il est là à tous les RDV, et n’envisage pas une seconde être absent pour les échos. Il veut assister à l’accouchement. Bref, pour tout ça il ne se pose de questions, il veut être là. Attention, ceci n’est pas une jugement envers les hommes qui n’en feraient pas autant, chacun (et chaque couple) fonctionne différemment. Miss Impatiente rapporte juste comme cela se passe pour eux, et c’est vrai que dans leur cas c’est important pour elle et pour lui ce rapport très « fusionnel » dans cette aventure.

Il n’y a pas que ça. Alors que Miss Impatiente est plutôt (beaucoup) du genre anxieux, lui voit les choses du bon côté, a confiance en elle, en lui, en la vie. Et ça, ça a été un soutien précieux pour elle, aussi bien pendant l’attente que maintenant pendant la grossesse.

Et pas seulement. Quand Miss Impatiente se stresse parce qu’elle reprend le boulot après un long arrêt et qu’elle doute d’elle, il est là pour lui dire que lui croit en elle, qu’elle en est capable.

Un soutien dans les épreuves aussi. Dans cette épreuve de l’infertilité donc, mais aussi dans les épreuves de la vie qu’elle avait déjà traversées. Elle ne les avait justement pas traversées seule, il était là pour l’épauler.

Un soutien dans les décisions difficiles. Comme quand elle a décidé, à la surprise générale, de complètement changer de voie professionnelle. Lui a compris.

Bref, Miss Impatiente aime son homme, et pas seulement parce qu’il est un soutien sans faille, mais aussi pour ce qu’il est, un homme merveilleux. Et elle a envie de lui dire merci d’être lui, merci d’être là.

Alors maintenant, elle est émue de le voir se transformer en futur papa. Émue de l’imaginer avec leur petit bout. Elle est fière qu’il soit le père de son futur enfant.

Publicités

Holidays

C’est les vacances. Miss Impatiente a mis les voiles, Miss Impatiente est revenue. Elle comptait publier un petit article avant de partir, mais 1) comme d’hab elle a tout préparé au dernier moment et n’a pas eu le temps, 2) elle s’est fait voler son smartphone juste avant le départ, ce qui lui a permis 3) de déconnecter totalement pendant toutes ses vacances. Miss Impatiente a appris un truc :  se faire voler son portable, c’est chiant, mais c’est un moyen infaillible pour passer des vacances tranquilles.

Après quelques jours en famille, ils sont partis avec Monsieur Bleuet, en amoureux, visiter une région française inconnue. Gros coup de cœur. Un enchantement.

L’occasion de respirer, de se retrouver, de penser à autre chose qu’à leur désir d’enfant insatisfait, mais aussi d’en parler tranquillement. L’occasion de se rendre compte que cette infertilité les malmène. Les dernières semaines avaient été difficiles. Leur vie ne prend pas le tournant qu’ils souhaitent. Mi-2013, il y a eu du changement. Changement qu’ils avaient anticipé… à 3. Ben non. Ils sont toujours 2, et ils l’ont eu mauvaise. Chacun dans leur coin, ils ont ruminé leur déception, et ils ont eu un mal fou à communiquer. Ce séjour les a aidés. Il leur a fait prendre conscience que tout ça les rapproche aussi (et qu’ils s’aiment toujours autant, ça ils le savaient déjà mais ça fait toujours du bien de se le dire).

Reconnecter avec son mari pendant les vacances : check.

Miss Impatiente et Monsieur Bleuet se sentent prêts à affronter la FIV. Ils ont aussi parlé d’autres projets. En cas d’échec, Miss Impatiente ne veut pas que tout leur monde s’écroule, elle veut continuer d’avancer, d’avoir des perspectives.

Elle sait qu’elle peut compter sur son homme pour être à ses côtés à toutes les étapes de la FIV. Etapes sur lesquelles ils en savent un peu plus, car ils ont (ENFIN) assisté à la réunion d’informations (le soir-même de leur retour de vacances, bienvenue dans la vie réelle !).

Alors, les détails du programme au prochain épisode…

 

Rire d’une bêtise

Il y a quelques jours, Miss Impatiente et Monsieur Bleuet ont passé une bonne soirée. Cette soirée impliquait :

– un anniversaire de mariage,

– un petit restaurant intime,

– un repas très chouette avec un accord mets et vin,

– une serveuse classe aux petits soins, genre qui explique les plats, qui vient voir si tout va bien mais sans être trop pénible non plus. Très bien jusqu’au café. Après, au moment de partir, ça s’est gâté :

Serveuse : « Alors, vous fêtez votre anniversaire de mariage, c’est super ! 1 an ? »

Miss Impatiente : « Non, 3 ans. »

Serveuse : « 3 ans ? Et le bébé alors, c’est pour quand ? »

Ce n’est pas tant la question qui a perturbé Miss Impatiente. C’est sa propre réaction. Elle a regardé la serveuse, puis Monsieur Bleuet, puis de nouveau la serveuse, puis Monsieur Bleuet, sans savoir quoi répondre. Après plus de 2 ans et un nombre incalculable de fois où on lui a posé la même question, elle a toujours l’air aussi con. Comme si c’était la première fois.

Au début, quand ils venaient à peine de commencer les « essais bébé » (Miss Impatiente n’aime pas cette expression, elle trouve que ça fait expérience scientifique, genre essai thérapeutique) (d’où les guillemets), quand on lui posait cette fameuse question, elle éludait en se disant « Si elle (ou il) savait que dans quelques mois, sûrement, … ». Ouais, à l’époque elle était un peu naïve sur le plan fécondité.

Après, ça a commencé sérieusement à la gêner. Surtout quand ça venait de personnes qu’elle connaissait à peine. C’est d’ailleurs comme ça qu’elle s’est retrouvée à parler de leur infertilité à certains proches. Avec les non-proches (et donc d’autant plus indiscrets), elle éludait toujours, mais avec un blanc. Force est de constater que ce blanc est toujours là. L’autre soir, avec la serveuse, son cerveau n’arrivait pas à se connecter, ne savait pas quoi répondre.

Elle a fini par bafouiller : « Euh, pas pour tout de suite… », ce à quoi l’autre a répondu : « Vous avez bien raison de profiter. » Carton plein niveau connerie quoi. Mais rien de bien inhabituel en somme.

La suite est plus intéressante. C’est Monsieur Bleuet qui lui a dit (à elle, pas à la serveuse) : « Bon, ben le service était bien, jusqu’à maintenant. Dommage. » Et ils ont rigolé ensemble.

Il y a encore quelques semaines, Monsieur Bleuet n’aurait même pas relevé. Les remarques et les questions des autres, il s’en fiche. Miss Impatiente se serait énervée toute seule et se serait lamentée. Lui aurait répondu : « Mais c’est pas grave, qu’est-ce que ça peut faire ? » ou « Les gens ne font pas exprès » ou « De toute façon, ce que les autres disent ou fassent, ça ne change rien à notre situation ». Oui, cet homme est sage et pragmatique. Mais là, Miss Impatiente s’est rendue compte que lui aussi, ça l’exaspérait. Mais qu’ils arrivaient quand même à en rire. Dans son envolée d’optimisme actuel, elle a décidé de se réjouir de cette anecdote, et de ce rire partagé.

Plus tard, alors qu’ils en reparlaient ensemble, Monsieur Bleuet lui a confié un autre épisode dont il ne lui avait jamais parlé. Un jour, un de ses collègues -qu’il ne connaît pas bien du tout- lui a demandé s’il avait des enfants. Quand il a répondu non, l’autre a demandé pourquoi (non mais sérieux ?). Et là, l’homme formidable qui sert de mari à Miss Impatiente a répondu du tac au tac : « Parce qu’avec ma femme on n’y arrive pas. » « Et ben il s’est trouvé bien con, je te jure ! », a-t-il conclu en souriant. Monsieur Bleuet avait l’air bien content de lui. Miss Impatiente s’est sentie admirative et connectée avec son mari.

Alors…Vive Monsieur Bleuet.

Infertilité et météo

Ces temps-ci, dans l’entourage de l’Impatiente et du Bleuet, certains couples sont malmenés. Cela amène la Miss à réfléchir à son propre couple. Car bien sûr,

ils ont connu des marées hautes et des marées basses, comme vous, comme vous, comme vous,

ils ont rencontré des tempêtes et des bourrasques, comme vous, comme vous, comme vous.

Pas simple la vie à deux, pas simple la communication, pas simple de traverser les épreuves de la vie. La dernière en date, l’infertilité donc. Et certains jours, ça pèse sérieusement sur la relation.

Parce que c’est frustrant.

Parce que ça provoque des incompréhensions.

Parce que ça bousille l’intimité.

Parce que ça met la vie entre parenthèses.

Parce que ça isole.

Parce que ça fait perdre de vue parfois le principal : à l’origine de cette envie, il y a de l’amour. Le désir d’enfant ne devrait pas mettre à mal le couple. [Miss Impatiente, à ce sujet, ressent une profonde injustice. Pourquoi doivent-ils subir cela ? C’est un peu méchant mais elle espère que les couples qui ont des enfants facilement ont d’autres raisons de s’engueuler et de se pourrir la vie. Fin de la parenthèse.]

Jusque-là Miss Impatiente et Monsieur Bleuet ont résisté aux tempêtes et aux bourrasques de la vie. Elle espère fort que ça dure.

Alors, c’est sûr, Miss Impatiente préfèrerait sa vie avec un Petit Bouton d’Or (en fait, avec plusieurs, mais une chose après l’autre). Mais en attendant, elle s’estime heureuse et chanceuse d’avoir son Monsieur Bleuet, et essaye de se rappeler le plus important dans tout ça : deux personnes qui s’aiment et qui font de leur mieux pour avancer dans la vie, cette jungle.

PS : Oui, Miss Impatiente aime bien Patrick Bruel, et c’est en écoutant cette chanson hier dans sa voiture qu’elle a eu l’idée d’écrire cet article.