Respiration

Résultat du jour : βHCG à 404 UI. En 72h le taux a bien évolué. Miss Impatiente respire. Elle avait bien pris une belle goulée d’air à l’annonce du positif, mais là elle respire vraiment.

Samedi, au premier résultat (117 UI) ils ont été tellement heureux. Puis a suivi une phase de doute. Surtout pour elle. Et si le taux était trop bas (merci les tableaux trouvés sur internet…) ? Et s’il ne grimpait pas ? Et si… ? Et si… ? Monsieur Bleuet, lui, est resté positif (comme toujours).

Et puis dimanche et lundi, la confiance est revenue. Elle a commencé à penser à plein de choses. Des choses auxquelles elle s’interdisait de penser jusque là (et quand malgré tout elle y pensait, cela la rendait triste). Ce week-end, ces petites choses ont illuminé ces journées. Elle en a même parlé avec son homme. Monsieur Bleuet a souvent posé la main sur son ventre. Il est aux anges.

Elle rêvait de vivre ces moments-là. Elle est si heureuse que cela leur arrive enfin. Elle pensait qu’elle ne réaliserait pas, qu’elle aurait du mal à se réjouir. Bien sûr elle sait qu’il faut être prudent, qu’il y a bien d’autres « Et si… ? » en suspens. Mais elle se sent enceinte. Évidemment il y a aura des moments de doute (on ne se refait pas), Miss Impatiente espère très fort que cette grossesse arrive à terme et qu’elle leur apporte un immense bonheur l’été prochain. Leur immense bonheur. Pour l’instant, elle est dans une bulle. Ou sur un nuage. Les deux en fait. Pourvu que ça dure.

« Vous pouvez prendre RDV pour la première échographie », lui a dit l’infirmière. Miss Impatiente s’est dit : « Oui, c’est bien à moi qu’elle parle ». Ce sera le 6 décembre, elle sera dans la 7ème semaine de grossesse. Plus de dosage, son centre n’en prévoit que deux.

Elle a quand même encore des pertes marron, plus ou moins selon les jours, mais ça reste globalement peu abondant. Rien d’alarmant pour l’infirmière. Elle lui a quand même dit de se reposer. Le ventre tiraille, aussi. Pour l’instant, ce sont les seuls signes.

Alors, ça y est, elle est montée dans le train. 2 ans et 8 mois qu’elle le guettait. D’autres attendent encore, depuis bien plus longtemps pour certaines. Trop de personnes sont sur ce quai. Aujourd’hui Miss Impatiente est heureuse, et elle a aussi une pensée pour vous, toutes celles qui attendent encore leur tour. Elle espère que vous la rejoindrez vite.

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Aujourd’hui…

… c’est le jour de LA prise de sang.

18 DPO, 12 jours post-transfert : la date initiale a été avancée de 2 jours suite aux événements de la semaine.

Il y a du monde au labo, Miss Impatiente et son homme attendent leur tour, ça y est c’est fait.

Pour tuer les heures d’attente, un détour par le marché puis ils se mettent aux fourneaux (ce soir, repas entre amis chez eux prévu depuis un moment -quand ils pensaient encore que le résultat serait le 11- ce sera quitte ou double : bonheur ou tristesse inside pour la soirée ?).

Début d’après-midi : c’est l’heure d’appeler. Miss Impatiente recule le moment. Monsieur Bleuet la serre fort dans ses bras. Le cœur serré, la boule au ventre et le haut parleur ON, elle appelle le labo.

5 minutes de musique d’attente, l’infirmière qui ne retrouve pas leur dossier… le cœur commence à tambouriner bien fort.

Et puis la voix au bout du fil qui lâche : « Alors oui… c’est 117 UI ! ».

D’après l’infirmière, c’est un bon dosage. Miss Impatiente lui explique qu’elle est venue 2 jours plus tôt que prévu, elle lui répond que c’est encore mieux alors. Elle lui dit que les pertes étaient surement dues à la progestérone (depuis hier, presque plus rien…). Miss Impatiente insiste, lui disant que c’est un transfert d’embryon J6, lui redemande si le taux est bon. « Oui, oui, c’est bon, revenez mardi, ça suffit ! C’est bien. » Si mardi le taux a bien augmenté, on prévoira la première écho avec Dr. D.

C’est positif. Le Petit Bouton d’Or est là. Miss Impatiente ne saurait dire à quel point elle est heureuse.

(Bon, elle avoue aussi qu’elle n’a pu s’empêcher de chercher sur internet les moyennes des taux à 18DPO, et que le sien semble bas, mais elle a décidé de s’en tenir à ce que lui a dit l’infirmière. C’est POSITIF, pour l’instant c’est tout ce qui compte.)

Elle sait que tout n’est pas encore gagné, mais quel bonheur…

Elle voudrait vous dire à toutes un grand MERCI : pour votre soutien, vos pensées, vos bonnes ondes, vos mots, vos doigts croisés… tout cela l’a portée pendant tout le temps de la FIV.

Alors, aujourd’hui… on dirait que la vie a décidé de leur sourire… ce soir, ce sera bonheur inside.

???????

Tout d’abord merci à toutes pour vos mots rassurants et réconfortants sur le dernier article. Merci de me suivre dans cette période pour le moins compliquée, c’est d’un grand secours.  Bref, merci d’être là.

Miss Impatiente a longuement hésité avant de poster cet article. Elle ne voulait pas rentrer dans les détails des symptômes/pas symptômes qui accompagnent la phase de l’interminable attente de la PDS… sachant justement que seule la PDS donne le verdict. Elle s’était dit qu’elle attendrait calmement -enfin, le plus calmement possible- sans se fier aux signes que lui donnerait son corps, encore sous hormones d’ailleurs, puisqu’elle s’envoie 600 mg de progestérone par jour dans son intérieur.

Juste au moment où elle commençait à se détendre un peu, en fin de semaine dernière, qui s’est invité, lui faisant pratiquement perdre tout espoir ? Du beau sang marron ! En « pointillés » ce week-end, en quasi-continu depuis lundi. À ce stade on ne peut plus appeler ça du spotting. Oui, oui, comme avant ses règles. Voilà.

Appel à la clinique mardi : « Ah, vous avez des pertes ? Vous vous inquiétez alors ? (non, non, je baigne dans la sérénité là) C’est peut-être un échec, oui, mais seule la prise de sang le dira… ça peut être aussi votre col qui saigne à cause de l’Utrogestan® (Ah bon ? je croyais justement que ça devait maintenir la muqueuse…), et puis ça arrive les grossesses qui commencent avec des saignements. Et puis ça peut s’arrêter aussi ! (apparemment, non) Si ça continue, vous pouvez avancer la prise de sang à samedi (autrement dit : abréger le supplice). » Si on peut faire le test 12 jours après le transfert, pourquoi allonger l’attente alors bordel de marde ???

Bref, lundi Miss Impatiente était au fond du seau, même sa séance d’acupuncture ne l’a pas apaisée (d’ailleurs, Dr Zen n’avait pas l’air très optimiste) et le soir elle n’a pas arrêté de pleurer. Ensuite, elle a été assommée 2 jours. Elle n’y croyait plus du tout. Et bien sûr, elle s’en voulait… de ne plus y croire, de ne pas avoir été capable de garder l’embryon, d’être malheureuse, de n’être pas assez courageuse, d’imposer ça à son mari, et puis tant qu’on y est, de tous les malheurs de la terre. Monsieur Bleuet, lui, avait toujours de l’espoir, mais elle ne sait pas trop si ce n’est pas juste ce qu’il lui disait pour essayer de lui remonter le moral. Et puis, Dr Écoute leur a dit que des pertes après une FIV ne voulaient pas dire grand chose. Les saignements se sont stabilisés, ce n’est pas rouge, ça diminue même depuis hier…  Cerise sur le gâteau, elle a rêvé cette nuit qu’elle était enceinte, qu’elle accouchait, qu’elle avait un magnifique petit garçon, c’était si réel… Cela faisait longtemps qu’elle n’avait pas été si heureuse. Bon, après elle s’est réveillée, elle était déjà moins heureuse. Et voilà, c’est reparti, elle y croit de nouveau. Plus dure sera la chute si elle se casse la figure… mais tant pis. De toute façon, Miss Impatiente est sur des montagnes russes depuis plus d’un mois… enfin non, presque 3 ans en fait.

Alors, bien sûr, vu la situation, son chéri et elle n’attendront pas lundi pour savoir, le verdict est donc programmé à samedi, on sera à 12 jours post-transfert et 18 DPO… et non, Miss Impatiente ne fera pas de TG d’ici là, elle a trop peur du négatif, du test entre-deux, du faux positif. Et puis Monsieur Bleuet est contre. Ils attendront le test officiel. Plus que 2 jours de torture mentale d’attente.

A little bit crazy ?

4 jours que le transfert a eu lieu.

Alors que pendant la phase de stimulation, même si Miss Impatiente a eu des moments de doute et de stress, son humeur était restée relativement stable, depuis le transfert aïe aïe aïe. Elle oscille entre moments de fol espoir, de folle angoisse, même de colère pour tout et n’importe quoi. A un moment elle se caresse le ventre en rêvassant, le moment d’après elle pleure. Monsieur Bleuet en prend pour son grade. Duc coup elle se dit que ce yoyo émotionnel ne doit pas être bon pour le « bébé », elle se culpabilise. Ensuite elle se dit que non, qu’elle dramatise, que dans l’ensemble ça va, que s’il doit s’accrocher il s’accrochera. Bref, entre rires et larmes, c’est pas simple. Pourtant, elle fait ce qu’elle peut pour se détendre : elle se repose, écoute le CD d’hypnose, s’occupe avec des choses qui lui plaisent, se balade…

Il y a en plus un léger problème : dès qu’elle tousse, se penche, fait un geste un peu brusque, va aux toilettes, a le hoquet (liste non exhaustive), elle a peur de perdre le « bébé ». Oui c’est débile, elle sait, mais elle n’y peut rien. Déjà ce n’est pas un bébé, c’est un embryon, il est plus petit qu’une tête dépingle et il n’en a rien à faire des secousses (enfin, s’il est toujours là), mais voilà elle psychotte et elle n’y peut rien. Bon ça c’était surtout les deux jours suivant le transfert, ça va en s’améliorant depuis.

Sinon, en vrac : elle a encore le ventre bien gonflé, elle a eu des douleurs jusqu’au surlendemain du transfert, elle a les seins qui tirent et affreusement sensibles (merci la progestérone), et elle est carrément naze, du genre à s’endormir à 21h alors qu’elle fait déjà pas lourd la journée. What else ? Elle a découvert à J8 (soit 2 jours après le transfert) du beige rosé (non, ce n’est pas la variation de son nouveau fond de teint) dans son fond de culotte (enfin, de protège-slip), ce qui lui a fait penser bien sûr à une nidation, et a eu surtout pour conséquence des recherches rocambolesques sur l’ami Google.

Alors, plus que 10 jours à tenir, Miss Impatiente va essayer de ne pas devenir folle d’ici là.

FIV : transfert

Voilà, ça y est, on est arrivé à la dernière étape « médicale » de la FIV. Ce matin, à J6, un petit locataire a pris place dans ce qui sera, on l’espère, son nid pendant les 9 prochains mois.

Un deuxième blastocyste a été vitrifié. Comme a dit Monsieur Bleuet : « Un au chaud, un au froid ! »

Le troisième n’a pas tenu le coup finalement. Cette FIV aura donc donné deux beaux espoirs de bébé (merci, chère éprouvette magique…). L’un de ces espoirs se transformera peut-être bientôt en réalité…

C’était un joli moment. Monsieur Bleuet était là, bien sûr, et ils ne se sont pas quittés du regard ni lâché la main pendant que Dr D. faisait le transfert (et en musique, s’il vous plaît !).

Les consignes :

– Vivre normalement (je veux bien, mais comment ? Comment ??),

– Pas de voiture demain et après-demain (ce serait le moment de la nidation),

– Ajouter un troisième ovule de progestérone en début d’après-midi (cooooool).

Alors, résultat le 11 novembre : l’armistice entre l’infertilité et nous ? 

FIV : J5 post-ponction

Ouf. Voilà le bilan de ce matin, à J5 : sur les 3 embryons, 2 continuent de très bien se développer et sont au stade de blastocystes. Le dernier est un peu à la traine. S’il ne se réveille pas d’ici demain, il ne pourra pas être vitrifié.

Il faut maintenant rappeler demain matin pour confirmer le transfert d’un embryon dans la foulée. Monsieur Bleuet a tenté de demander si on ne pouvait pas envisager d’en transférer 2 : comme ce qui leur avait déjà été dit, c’est non. C’est la première tentative, Miss Impatiente est jeune, et Dr Biologiste ne veut pas risquer la grossesse gémellaire.

Ce serait déjà merveilleux d’avoir le transfert d’un beau blastocyste demain et d’en avoir 1 ou 2 de vitrifiés.

Alors, on dirait bien que jusque-là l’éprouvette magique a entendu Miss Impatiente. Encore un jour à attendre…

FIV : J3 post-ponction

On attend encore. Les 3 embryons sont toujours là, ils sont à 9 et 12 cellules. Docteur Biologiste préfère les laisser se développer encore, pour mieux choisir, car ils sont « de qualité équivalente ». Le transfert ne sera donc pas avant J6, lundi. Ils seront alors au stade où naturellement ils s’implantent dans l’utérus, le stade blastocyste.

Miss Impatiente ne s’attendait pas à ça. Le docteur n’avait jamais évoqué la culture prolongée. A la réunion d’infos, il avait parlé de transfert à J2 ou J3, et seulement le jour de la ponction l’infirmière avait évoqué la possibilité d’aller jusqu’à J6.  Miss Impatiente en avait bien entendu parler, mais elle s’était dit que si le docteur ne l’avait pas mentionnée, ça devait être quelque chose d’exceptionnel.

Miss Impatiente a bien sûr demandé si ça augmentait les chances. La technicienne a répondu que c’était bien d’atteindre le niveau de l’implantation naturelle, mais qu’il y avait bien sûr d’autres facteurs qui entraient en jeu.

Miss Impatiente a demandé si ce n’était pas risqué. La technicienne a répondu que pour l’instant les embryons se développaient bien.

Bref, elle essaye de se dire que c’est une bonne chose (Monsieur Bleuet, lui, en est persuadé), mais elle a surtout peur.

Les embryons seront observés de nouveau dimanche, on leur a proposé de rappeler à ce moment-là. Evidemment qu’ils rappelleront.

Alors, de nouveau, ce matin, ils étaient prêts à partir. Miss Impatiente pensait revenir à la maison avec un petit mélange d’eux dans le ventre. Et puis, non, il faut attendre. Pourvu que les petits espoirs s’accrochent d’ici lundi. Ça va être interminable.

 

 

FIV : J2 post-ponction

Les nouvelles du labo ce matin : la fécondation a donné 3 embryons. De « jolis » (c’était le mot employé) embryons  de 4 cellules. On attend demain (J3) pour pouvoir mieux choisir lequel transférer.

Evidemment c’était un soulagement qu’il y ait des embryons,  mais Miss Impatiente avoue qu’elle a été un peu déçue du nombre… Quand elle pense au nombre de follicules qu’elle avait, puis aux 9 ovocytes… Mais passée cette première impression, elle se dit que 3 embryons, c’est déjà beaucoup, et puis 3 est un chiffre qu’elle aime bien. Il faut positiver maintenant, continuer d’espérer et… encore attendre. Quand ils ont téléphoné ils étaient prêts à partir pour un éventuel transfert (c’était les consignes du labo), et puis finalement ils se retrouvent face à une nouvelle journée d’incertitude. La PMA ou le yoyo émotionnel…

Monsieur Bleuet est donc parti au boulot. Concernant Miss Impatiente, les douleurs au ventre ont bien diminué depuis hier soir, donc aujourd’hui l’objectif est de sortir et se changer les idées, tout en pensant à ces 3 petits débuts de vie, en espérant fort qu’ils continuent leur développement.

Hier, ils avaient RDV avec Dr Ecoute, ça leur a permis d’évacuer ce qu’ils avaient sur le cœur suite à la ponction, et aussi de revenir sur les derniers jours de traitement, de monitorage… Bref ça leur a fait du bien.

Miss Impatiente a appelé Dr Zen pour lui donner les dernières nouvelles, il lui a donné un RDV en fin de journée pour une séance d’acupuncture. Ce n’était pas prévu car elle lui avait dit que le transfert aurait lieu a priori aujourd’hui. Hier il n’était pas là, elle devait y aller seulement demain. Ça va la détendre, et puis elle est contente d’y aller finalement avant le transfert. Elle y retournera la semaine prochaine, il préfère ensuite laisser passer quelques jours.

Alors, si tout va bien (et TOUT IRA BIEN, c’est le mantra de la journée), le transfert devrait avoir lieu demain matin, et les autres embryons seraient alors vitrifiés.

FIV : ponction

Le résultat, d’abord, parce que si Miss Impatiente a envie de retenir quelque chose, c’est ça (et seulement ça). Bien qu’elle ne sache pas trop quoi en penser, de ce résultat. La récolte a donc été de 9 ovocytes. Sur une quinzaine de follicules ponctionnés (à l’échographie, on en voyait 20). Les autres follicules ne contenaient apparemment pas d’ovocytes. Miss Impatiente espère que dans le lot il y en avait plusieurs de matures. Pas plus d’infos avant demain matin, à J2 post-ponction. Il faut qu’ils appellent le labo à 8h30. On leur donnera le résultat de la fécondation, le nombre et l’état des embryons (Mon Dieu pourvu qu’il y en ait), et on leur dira s’il faut venir le jour-même pour le transfert, ou bien s’il faut rappeler le lendemain.

Le déroulement de la journée, maintenant. Miss Impatiente rappelle, afin de ne pas affoler les copines qui auraient bientôt une ponction, que dans son centre il n’y a pas d’anesthésie, ni locale ni générale. Ils pratiquent une analgésie, c’est à dire qu’ils administrent de la morphine, ce qui apparemment est plutôt rare. Et qui fonctionne surement bien sur la plupart des patientes. Pas sur elle de toute évidence. Chaque cas est unique, hein. Bref si tu n’as pas envie d’en savoir plus sur ce genre de ponction, arrête-toi là, ça vaut mieux.

7h30, arrivée à la clinique et prise en charge par une infirmière. Miss Impatiente et Monsieur Bleuet sont installés dans une chambre. Elle enfile la magnifique chemise de nuit en papier. Un peu plus tard Monsieur Bleuet est appelé pour aller remplir des papiers. Entre-temps une voisine de chambre et son conjoint arrivent.

Vers 8h, l’infirmière vient pour lui poser le cathéter qui servira à faire une prise de sang et à la perfusion de morphine. 1er problème : Miss Impatiente a des veines de m*rde. Son bras droit affiche un beau bleu suite aux précédentes PDS, au bras gauche la veine ne veut pas se montrer. L’infirmière essaye de piquer à gauche au niveau du poignet. Ça fait mal. La veine éclate. Il n’y aura pas de cathéter. Elle fait malgré tout la PDS à droite, dans le bleu. Miss Impatiente serre les dents. Ça passe. Elle aura droit à la morphine en intra-musculaire un peu plus tard. L’infirmière assure que ça aura le même effet. Miss Impatiente essaye de se détendre en se disant quand même que ça ne commence pas très bien tout ça. Monsieur Bleuet revient. La ponction est prévue pour 10h.

Vers 9h une autre infirmière arrive pour lui faire la piqûre de morphine dans la fesse. Ça fait sacrément mal. Quand Miss Impatiente pense qu’elle se plaignait du Cetrotide®… comme quoi tout est relatif.

Dans l’heure qui suit la piqûre, Miss Impatiente écoute le CD d’hypnose pendant que son homme lui tient la main. Le produit l’assomme, elle ne dort pas mais se sent détendue.

On vient chercher sa voisine puis 10-15 minutes plus tard c’est à son tour de partir. Monsieur Bleuet l’accompagne puis reste dans une salle d’attente pas loin de la salle de ponction. Et là, si la morphine l’avait jusque-là gentiment assommée, elle ne l’a pas empêché de sentir la douleur, ça, c’est sûr.

Elle ne rentre pas dans les détails, ça duré 10-15 minutes, elle a senti chaque ponction de follicule (une quinzaine, donc), ça lui a fait très mal et elle se souvient de tout. Une infirmière lui tenait la main, l’encourageait et lui disait de respirer, de ne pas bouger. Heureusement qu’elle était là. Vers la fin Miss Impatiente a commencé à être secouée de sanglots et de hoquets, les larmes sont sorties. C’est comme ça que Monsieur Bleuet l’a retrouvée à la sortie de la salle de ponction, et ça a duré tout le trajet jusqu’à la chambre et encore 20 bonnes minutes. Elle n’avait plus mal à ce moment-là, c’était plutôt le contrecoup de l’intervention. Elle n’arrivait pas à se contrôler. Elle était en colère aussi, elle ne comprenait pas que la morphine n’ait pas fait plus effet (est-ce que ça n’aurait pas été mieux si elle avait eu la perfusion ?). On lui a mis de la glace sur le ventre. Monsieur Bleuet faisait de son mieux pour la réconforter. La gentille infirmière qui était à côté d’elle pendant la ponction est venue pour essayer de la calmer, lui disant que la ponction s’était très bien passée, que c’était fini et qu’il ne fallait plus y penser maintenant. Ensuite elle a fini par tomber dans un demi-sommeil. Elle a entendu qu’on appelait son homme pour le recueil, et qu’il était 11h30.

Ensuite il est revenu, lui a dit que le recueil s’était bien passé, puis il est reparti pour manger. Elle était toujours vaseuse. Vers 13h on lui a donné à boire et elle a téléphoné à Monsieur Bleuet, à qui une infirmière avait dit qu’il ne pourrait revenir que vers 17h parce que « Votre femme va dormir toute l’après-midi ». Ben voyons. Bref, il est revenu. Elle a été encore pas mal dans le coltar jusqu’à 15h, heure où on lui a apporté à manger. Ensuite elle est restée éveillée, le ventre recommençait à sérieusement tirer. La glace faisait du bien.

À la réunion d’infos le biologiste avait dit que la morphine agissait sur la douleur (qu’on ne sentirait que des picotements, tu parles),  shootait bien et qu’on était dans le coton toute la journée, genre dans un état semi-conscient. Alors OK, la morphine l’a assommée et l’a faite sommeiller par intermittences, mais à aucun moment elle ne s’est sentie « planer », elle se rappelle de tout, et surtout, niveau douleur, comment dire ? Si la morphine a fonctionné, qu’est-ce que ça aurait été sans ???

Là tout de suite, son ressenti c’est « plus jamais ça ». Si un jour, il faut refaire une ponction, ce sera sous anesthésie, et si pour ça il faut changer de centre, tant pis. Peut-être que ce sentiment évoluera ? Peut-être pas.

Pour finir, ils sont sortis vers 17h30. L’infirmière lui a laissé emporter la poche de glace. Elle lui a dit que c’était normal d’avoir de nouveau mal, qu’on avait ponctionné beaucoup de follicules et que maintenant ils devaient se remplir d’eau. Ce matin, ça fait toujours mal.

Miss Impatiente a commencé l’Utrogestan® hier soir : une capsule matin et soir.

Alors, cette étape lui a fichu un coup, physiquement et moralement. Elle espère que demain les nouvelles seront bonnes et qu’elle retrouvera son optimisme des derniers jours. En attendant, aujourd’hui le programme est : lit/canapé, bouillote/glace, ordi/bouquin/TV.

FIV – J10 : troisième jour de monitorage

Les scores du jour :

– ovaire droit : 19 mm, 18 mm, 16 mm, 15 mm, 2 à 12 mm, 10 mm, 3 à 9 mm ;

– ovaire gauche : 18 mm, 15 mm, 14 mm, 13 mm, 12 mm, 11 mm, 10 mm, 3 à 9 mm.

Endomètre : 10 mm, échogénécité de 3.

Et… ça y est, on arrête la stimulation, déclenchement ce soir ! La piqûre d’Ovitrelle® est faite, ponction mardi matin. Ils ont RDV à 7h30 à la clinique.

Les dosages d’hier : estradiol à 925 pg/ml, progestérone à 0,5 ng/ml. Pas d’appel de la PMA cet après-midi, donc ceux de ce matin doivent être dans les clous.

Pour cette stimulation, on aura donc eu au casting : 10 injections de Cetrotide®, 8 injections de Gonal f® à 150 UI, et 1 injection d’Ovitrelle®.

Les douleurs sont toujours présentes, ça tire beaucoup, le ventre est dur et gonflé… Bref il était temps qu’on passe à l’étape suivante. Aujourd’hui en sentant son ventre, Miss Impatiente a pensé aux poules de Pâques en chocolat, celles qui sont remplies d’œufs. Elle se sent pleine. Mais ce n’est pas encore la sensation de plénitude qu’elle attend…

La prochaine question est maintenant : combien d’ovocytes fécondables auront-ils ? Miss Impatiente essaye de se laisser porter et de ne pas faire de projections…

Elle écoute régulièrement le CD d’auto-hypnose, et ça lui fait du bien. Elle appréhende pas mal la ponction depuis le début, donc maintenant que c’est la prochaine étape, elle essaye de se détendre un maximum.

Alors, depuis le premier monitorage, elle y croit. Vraiment. Avant ça, elle espérait, et c’était déjà pas mal. Mais vendredi il s’est passé quelque chose, un déclic qui l’a autorisée à y croire. Pourvu que ça continue, et surtout, surtout, que la suite lui donne raison.