Petit retour en arrière…

… ou comment attendre 1 an pour avoir un diagnostic.

Revenons un peu sur la période pré-PMA. À  la première personne, une fois n’est pas coutume. Attention, il y a des rebondissements.

Printemps 2012 : Ça fait plus d’un an maintenant, mince on va consulter. Mais petit hic : avec Monsieur Bleuet, on est expatriés à l’étranger. Qu’a cela ne tienne, je me débrouille avec la langue, ni une ni deux, RDV chez la gynéco. J’en rigole encore. Une petite écho endo, quelques questions, résultat :

 » – Vous avez vos règles régulièrement ?

– Oui.

– Tout va bien pour vous alors, il doit y avoir un problème avec votre mari. Essayez d’abord pendant 3 mois d’avoir des rapports tous les 3 jours pendant la période ovulatoire, si toujours rien spermogramme.

– Pas d’examens pour moi ?

– Non, rien pour vous. Pas la peine. « 

Comme si on n’avait pas compris qu’il fallait faire boum-boum au bon moment pour fabriquer un bébé. Sortie du RDV avec l’ordonnance du spermogramme en poche. Réaction de Monsieur Bleuet à mon retour : « C’est débile d’attendre 3 mois, je vais le faire. » (Je l’aime, cet homme). Voilà comment contrairement à beaucoup de couples infertiles, on a commencé par les examens masculins. 1er spermo : RAS (mais on l’apprendra plus tard : incomplet). Bye-bye Madame la gynéco, on a moyen confiance donc on va voir ailleurs.

Été 2012 : Toujours rien. RDV chez un soi-disant Dr Ponte (tu le sens le traquenard ??), gynéco-obstétricien dans la capitale. Cette fois-ci, on y va à deux. On n’a pas été déçus. Re-écho endo, re-questions, présentation du spermogramme.

Conclusion (attention, ça dépote) : « Vous Monsieur, tout va bien. Vous Madame, le problème n’est pas hormonal puisque vous avez vos règles et que vous ovulez (base de cette affirmation : je lui ai dit que j’avais déjà fait des tests d’ovulation positifs). Donc le problème doit être mécanique, au niveau des trompes ou de l’utérus. On va programmer une cœlioscopie diagnostique avec une hystéroscopie, sous anesthésie générale, 2 jours d’hospitalisation. » Je rappelle qu’à part les échos endo je n’avais fait AUCUN examen. Oui vous avez bien lu : tout cela SANS MEME un dosage hormonal, et apparemment l’hystérographie (sans AG, quand même moins invasive qu’une cœlioscopie), connait pas, les ovulations de mauvaise qualité, non plus.

A ce stade, je précise qu’on se trouvait alors dans un pays bénéficiant des mêmes techniques d’analyses et de PMA que la France et ayant un système de santé -même si certainement moins efficace- comparable.

On ressort de là un peu surpris, en ayant répondu qu’on allait réfléchir, c’est lui le docteur après tout… mais avec des GROS doutes quand même.

Automne 2012 : A l’occasion d’un séjour en France, je prends RDV avec ma gynécologue habituelle. Elle fait un bond sur sa chaise quand je lui parle de nos précédentes expériences médicales et des intentions de Dr-définitivement-pas-Ponte. Le spermogramme ? Il manque plein de choses, il faut le refaire. Vous madame ? Un bilan hormonal à J3, une hystérosalpingographie, si c’est OK du côté des trompes on essaiera le Clomid®. Si ça ne marche pas il faudra songer à faire des examens plus poussés et à s’adresser à un service de PMA.

Bye-bye Dr Ponte-je-veux-vous-ouvrir-pour-rien (quelques mois plus tard, ayant fait hystérographie + hystéroscopie qui n’ont rien montré d’anormal, je peux vraiment dire qu’il voulait m’ouvrir pour rien) (et on sait depuis que le problème est BIEN hormonal, l’éventualité qu’il avait d’emblée écartée).

Bye-bye aussi toute tentative de suivi à l’étranger. On a quand même été un peu traumatisés (et accessoirement, on a perdu 6 mois).

L’histoire a ensuite repris le cours que vous connaissez (examens, soupçons de dystrophie ovarienne, Clomid® qui n’a servi à rien, RDV en PMA, nouveaux examens, FIV programmée…). Entre-temps on est rentrés à la maison.

Printemps 2013 : j’ai la confirmation avec Dr D. (gynéco PMA) que j’ai une dystrophie ovarienne. Il aura fallu 1 an pour avoir un diagnostic posé.

Bilan : Ajoutez à tout cela un discours ambiant à base de « T’y penses trop t’inquiète pas t’es jeune ça viendra quand ça viendra », et vous obtenez des gros sentiments de 1) perte de temps, 2) colère et 3) frustration.  Maintenant qu’on est correctement pris en charge (et que les gens ont compris qu’il valait mieux se taire) (pour la plupart), ça va mieux. Mais je me serais bien passé de tout ça.

Bref : « Si j’aurais su », j’aurais pris RDV en PMA direct. Après tout, après 15 mois d’essais, c’était pas déconnant.

Alors, je voulais écrire cet article depuis un moment, mais je ne le faisais pas, parce que  je n’avais pas envie de ressasser ce qui était derrière nous. Mais avec l’approche de la FIV, j’avais besoin d’extérioriser pour mettre tout cela UNE BONNE FOIS POUR TOUTES, derrière nous.

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Pudeur

En voilà un mot qui est moche.

Vous l’avez sans doute remarqué, Miss Impatiente ne parle pas tellement sur son blog de poney (© Madame Pimpin, tu es célèbre), de glaire ou autres fonds de culottes.

Par pudeur sans doute. Même cachée anonymement derrière son ordinateur, ça la gêne. Sauf qu’aujourd’hui elle décide d’écrire un article sur le pourquoi de la chose, donc elle va en parler du coup.

Le poney d’abord. Les rapports programmés, elle a testé. Et comment dire… elle n’a pas trop aimé. Elle a testé « officiellement » pendant les 3 mois de Clomid / thermomètre / TO. Sans doute les 3 pires mois de sa vie s*xuelle. Elle a testé aussi « officieusement » durant une période qui s’est étendue de quelques mois après l’arrêt de pilule (9 mois environ, comme par hasard…) à l’annonce de la FIV. Ça fait quand même plus d’un an cette affaire. Là le TO a été son meilleur ami ennemi. Bon, elle n’en a pas utilisé tous les mois, mais de plus en plus avec le temps. Quand elle dit TO, elle ne parle pas de n’importe quels TO, non. Ceux de notre pote Claire. Oui, ce n’est pas que Miss Impatiente a tant que ça d’argent à balancer par la fenêtre, mais elle tient le raisonnement (sans doute pourri) « prix = qualité ». Passons (si on fait le calcul quand même, à 40€ la boîte de 7 -il lui semble- et 3 à 8 TO nécessaires par mois pour détecter l’ovulation sur 12 mois, quand détection il y a eu -tu suis toujours ?-, elle a dû se délester dans l’histoire d’environ 350€, le tout pour une ovulation merdique vu la qualité de ses ovocytes) (à ce prix-là, ils auraient mieux fait de partir en week-end). Et donc qui dit TO, dit poney programmé (oui sinon ça sert à rien). Quoi de plus sexy que de se dire « Faisons l’amour parce que c’est le bon jour », « Si on l’a fait aujourd’hui il ne vaut mieux pas le faire demain », « Mince j’ai oublié mon TO ce matin, j’ovule peut-être en ce moment, faisons l’amour », « Mince ça aurait été mieux hier, trop tard, bon ben allons-y » ? Alors bien sûr, certains jours ça le fait, mais d’autres non. Bref dans l’ensemble elle n’a pas aimé. Monsieur Bleuet, RA-VI (tu saisis l’ironie ?) de ce déploiement de moyens tue-l’amour, non plus. Voilà, c’est dit.

On passe à la fameuse glaire (glaire cervicale de son nom complet). Alors là, Miss Impatiente t’avoue un truc : elle n’a JAMAIS RIEN COMPRIS (bon, à part le fait qu’au moment de l’ovulation la glaire facilite le passage des spermatozoïdes). Elle a bien lu des choses sur le sujet, à la période où elle a commencé à enrichir Clirblou, mais rien à faire, entre « filante », « crémeuse », « blanc d’œuf » (miam miam miam) elle a rien pigé. Bon elle a pas trop cherché à piger non plus. Donc elle ne s’est jamais appuyée sur sa glaire (sympa cette expression) dans son parcours d’infertile.

Heureusement, il n’y a pas que la glaire dans la vie qui justifie de scruter son fond de culotte. Il y a le spotting aussi. Et alors là, avec 5 à 10 jours de spotting par mois avant l’arrivée de cet enfo*ré de J1, à base de : 2 jours de spotting (et maaaaaarde), puis plus rien (peut-être que ?), puis 1 jour (ah ben non en fait), puis plus rien finalement (re peut-être que… ?) , puis ça revient pour de bon (bon OK c’est foutu), Miss Impatiente elle est servie (et ses culottes aussi).

Alors voilà, c’était la minute « conf*ssions int*mes » (oui pas envie que des gens qui cherchent des infos sur le programme tombent ici).  La pudeur de Miss Impatiente en a pris un coup. Ah non pas tant que ça en fait. Les questions indiscrètes, les (multiples) échographies endo, le prélèvement de l’endomètre, l’hystérosalpingographie et l’hystéroscopie (et elle en oublie)  avaient déjà bien mâché le boulot.

Clomid, pipi et thermomètre

Avant d’embarquer pour la PMA, la gynécologue de Miss Impatiente a voulu tenter le Clomid, pour booster un peu la qualité de l’ovulation. Car a priori, ovulation il y a, mais les œufs ne sont pas au top. Miss Impatiente a donc pris pendant 3 mois 2 comprimés de Clomid de J2 à J6 du cycle. Inutile de dire que ça n’a pas marché, sinon on parlerait aujourd’hui échographie des 12SA, prénoms et DPA. Pas sexe, non, ils voudront garder la surprise le moment venu (enfin on n’est pas à l’abri de changer d’avis d’ici-là).

Revenons au Clomid. Dr F., la gynécologue, a demandé de faire en parallèle des courbes de température pour bien repérer l’ovulation. Comme Miss Impatiente voulait faire les choses à fond, elle a aussi décidé de faire des tests d’ovulation (ou TO). Ben oui, la température ça indique l’ovulation après coup, alors qu’avec les TO c’est avant, donc c’est plus pratique. Au programme, pipi sur un bâton tous les jours au lever, et ce tant qu’on n’a pas obtenu ceci : 🙂 , ce symbole signifiant : ovulation dans les 48h, feu !

Voilà donc la Miss, équipée de son thermomètre et de ses sticks Cl*arblue, à la chasse à l’ovulation, et ce pendant 3 mois. Cette activité implique également son homme, parce que le bébé, elle ne va pas le faire toute seule.

Au terme des 3 mois, Miss Impatiente a récolté :

  • 3 ovulations nettes (Quid de la qualité ? On ne le saura jamais, car pas de suivi gynécologique).
  • 3 fausses joies, donc.
  • 1 obsession « procréation » quasiment 24h/24 et 7j/7, dont elle a un mal fou à se débarrasser. Mais elle est en bonne voie.
  • 7 jours par mois d’une humeur de chien. Merci les hormones.
  • 1 Noël gâché par l’arrivée des règles, pile à l’heure à 9h le 25 décembre. Merry Christmas and Happy New Year.
  • 80€ en moins, au bénéfice de Claire et sa bande.
  • un certain nombre de rapports programmés. Sexy.
  • 150 disputes avec Monsieur Bleuet, qui trouvait qu’elle en faisait un peu beaucoup trop. Il avait raison.
  • 0 bébé.

Le bilan est donc plutôt négatif, et Miss Impatiente était soulagé quand Dr D., son gynécologue PMA, n’a pas represcrit du Clomid.

Elle sait que ce qui l’attend ne sera surement pas une partie de rigolade, mais au moins ça sera basé sur un diagnostic complet, avec un vrai suivi, et donc avec plus de chances de réussite.

Alors en attendant, Miss Impatiente a rangé son thermomètre et n’a plus refilé 1 penny à Claire alias la p*tasse.

Pour planter le décor

Miss Impatiente a toujours voulu devenir, un jour, une maman. Pour ce faire,  elle a attendu son Monsieur Bleuet, et aussi un gagne-pain et un foyer confortable. Ça va, elle n’a pas eu à attendre trop longtemps. Entre l’Impatiente et le Bleuet, ça a bien pris, le reste a suivi, même si ça a pris quelques années (oui, Miss Impatiente et Monsieur Bleuet étaient encore étudiants quand ils ont posé les yeux l’un sur l’autre, donc le mariage et le bébé, ce n’était pas pour tout de suite). Pour tout ça, elle a eu de la chance.

7 ans, un mariage, un achat d’appartement, et un voyage de noces au bout du monde plus tard, Miss Impatiente bazarde joyeusement sa plaquette de pilule. Le bébé, c’est maintenant !

Sauf que… 2 ans plus tard, elle et Monsieur Bleuet en sont toujours plus ou moins au même point. Point de Petit Bouton d’or en vue. Apparemment, niveau fertilité Miss Impatiente a moins de chance. Elle en a sérieusement marre d’attendre et a besoin de faire quelque chose pour gérer cette frustration, à l’orée du parcours en PMA.

Alors aujourd’hui, elle décide d’écrire un blog.